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08.08.11

La saison pollinique bat son plein avec l’arrivée de l’ambroisie!

 

Au moment de sa floraison, l’ambroisie à feuille d’armoise, une plante originaire d’Amérique du Nord qui serait arrivée clandestinement en France il y a un siècle et demi, libère d’importantes quantités de pollens. Les pollens d’ambroisie ont un très fort potentiel allergisant. Tandis que le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA) annonce l’arrivée des premiers pollens d’ambroisie le 17 juillet prochain, c’est le moment de faire le point sur la particularité de cette plante à laquelle plus de 10% des Français sont allergiques 1.

 

Ambroisie, un pollen pas comme les autres ?


L’une des formes de rhinite allergique est la rhinite allergique saisonnière, également appelée « rhume des foins ». Les allergènes en cause sont les pollens en suspension dans l’air. Les pollens responsables de rhinite allergique appartiennent principalement à trois familles : les pollens d’arbres, les pollens de graminées et les pollens d’herbacées. L’ambroisie appartient à cette dernière famille. Son pollen possède un ensemble de caractéristiques qui font de lui un pollen à très fort potentiel allergisant : potentiel de 5/5, sur une échelle allant de 0 (nul) à 5 (très élevé). Très volatiles, les pollens d’ambroisie peuvent être transportés par le vent sur de grandes distances. Un pied d’ambroisie peut libérer plusieurs millions de grains de pollen par jour alors que 5 grains de pollen au m3 d’air suffisent à déclencher une réaction allergique2. Par ailleurs, le pollen d’ambroisie provoque des rhinites allergiques aux caractéristiques bien propres : hommes et femmes sont affectés en proportions égales ; la maladie peut survenir tard dans la vie ; les individus ne sont pas forcement génétiquement prédisposés3.


L’ambroisie est une plante invasive et pionnière qui s’établit facilement dans des habitats dénudés ou à végétation clairsemée. Elle préfère se retrouver en plein soleil et dans les zones chaudes ; elle germe à partir du printemps et pousse jusqu’en juillet. Les réactions allergiques provoquées par l’ambroisie se déclenchent, en général, lorsque la plante arrive à floraison fin juillet et peuvent se prolonger jusqu’à fin octobre, avec un pic de densité en septembre. Le calendrier pollinique étant très influencé par les conditions météorologiques, une surveillance accrue s’impose pour éviter l’exposition à l’ambroisie.

Etes-vous concerné ?


L’ambroisie est traditionnellement très présente dans la région Rhône-Alpes. La population de cette région est ainsi très impactée par l’ambroisie. Néanmoins, la plante a commencé à gagner du terrain ces dernières années et force est de constater que d’autres régions sont désormais concernées. L’ambroisie est en pleine progression vers le nord de la France, en région Bourgogne et Franche-Comté, et vers le sud de la France en Languedoc-Roussillon et Provence Alpes Côte d'Azur avec des foyers également dans le Centre-Ouest en Poitou-Charentes, comme en témoigne la cartographie établie par le Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé4.
Par ailleurs, le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA) propose des cartes prévisionnelles du risque de propagation de l’ambroisie mises à jour quotidiennement et un bulletin allergo-pollinique hebdomadaire sur le site www.pollens.fr. « Quelque soit le continent, l’ambroisie est surtout présente autour du 45ème parallèle et celle-ci préfère les climats plus continentaux que maritime. », explique Michel Thibaudon, directeur du RNSA.

Pour la région Rhône-Alpes, le site de l’Observatoire de l’air en Rhône-Alpes, www.atmo-rhonealpes.org, publie régulièrement les indices polliniques et l’état de la qualité de l’air.


Une réaction allergique caractérisée par sa sévérité


Globalement, la rhinite allergique à l’ambroisie est beaucoup plus sévère que celle causée par d’autres pollens. Les symptômes tels que prurit, anosmie (perte ou diminution de la sensibilité aux odeurs), rhinorrhée, éternuements et obstruction nasale sont plus importants. Cette allergie évolue aussi plus souvent en asthme, asthme plus sévère que celui provoqué par d’autres pollens. Ces symptômes peuvent être très invalidants pour les patients allergiques au quotidien, notamment quand ils ne sont pas contrôlés par les seuls traitements symptomatiques.
« Il est important de noter que l’ambroisie est un « polluant biologique » : plus la quantité de pollens en dispersion dans l’air augmente, plus le nombre de personnes allergiques va augmenter. C’est pourquoi les effets de l’ambroisie sur la société vont crescendo, d’autant plus que même les personnes qui ne sont pasprédisposées peuvent devenir allergiques. L’inhalation des pollens d’ambroisie a un impact plus important chez les personnes allergiques, notamment quand ses pollens sont mélangés à d’autres sources de pollution telles que la pollution urbaine ou industrielle, en provoquant parfois des allergies combinées et, encore plus alarmant, en se transformant en asthme. », explique le Docteur Florence Trébuchon, allergologue à Montpellier. « Les pouvoirs publics prennent de plus en plus conscience de la gravité de la situation en prenant, dans certaines régions, des mesures restrictives. Dans la région Rhône- Alpes, l’ambroisie est reconnue comme une plante néfaste et très dangereuse, les autorités locales demandent aux riverains de l’arracher si elle pousse dans leur jardin ; un modèle intéressant à prendre en exemple. », ajoute le Docteur Florence Trébuchon.

Un véritable problème de santé publique


L’allergie à l’ambroisie touche 6 à 12% de la population exposée selon la zone géographique1.
L’Observatoire Régional de la Santé Rhône-Alpes (ORS) estime que les dépenses de santé engendrées par cette allergie représentent entre 5,6 et 8,6 millions d’euros pour la seule région Rhône-Alpes5. Ce n’est donc pas par hasard que les autorités de santé et les décisionnaires politiques se sont penchés sur la question de la lutte contre l’ambroisie qui représente aujourd’hui un véritable problème de santé publique. Outre les actions sur le terrain menées par les autorités locales, des initiatives se multiplient au
niveau national. Ainsi, le Comité Parlementaire de Suivi du Risque d’Ambroisie vient d’être créé par trois députés : Jacques Remiller, député-maire de Vienne (Isère), Jean-Marc Roubaud, député-maire de Villeneuve-lès-Avignon, et Alain Moyne Bressand, député de l'Isère. « L’ambroisie est unanimement reconnue comme un problème sanitaire, environnemental, agricole et d’aménagement du territoire de dimension majeure », déclare le Comité. Quelles solutions pour dire stop à la rhinite allergique provoquée par l’ambroisie ?


Une éviction totale impossible mais des gestes simples peuvent être réalisés au quotidien

- Après les sorties, se rincer les cheveux afin d’éviter le dépôt des pollens sur l’oreiller pendant la nuit.
- Ne pas faire sécher le linge à l’extérieur pour éviter d’apporter les pollens à l’intérieur de l’habitat.
- Fermer les fenêtres en milieu de matinée et début d’après-midi (moment où les pollens sont très
présents dans l’air).
- En voiture, rouler les vitres fermées.
- Penser à se protéger la tête (chapeau ou casquette) pendant les sorties en plein air.


Soulager les symptômes


Les traitements dits « symptomatiques » soit par voie locale (gouttes, collyres, sprays), soit par voie
générale (comprimés, gélules), permettent de soulager les symptômes pendant la période où les pollens
sont présents dans l’air. Mais à leur arrêt, les symptômes reviennent à grand pas.


Agir en amont et traiter la cause...


A l’inverse des traitements dits " symptomatiques " de la rhinite allergique, l’immunothérapie allergénique (ou désensibilisation) est le seul traitement susceptible de modifier l’évolution de la maladie allergique. Cette autre voie thérapeutique est un pilier du traitement de la rhinite allergique
sévère car il permet de réduire rapidement et durablement les symptômes mais également de traiter la cause de l’allergie contrairement aux médicaments dits « symptomatiques ».
L'OMS recommande l'immunothérapie allergénique chez les patients atteints de rhinite allergique, qu’elle soit saisonnière ou perannuelle :
- lorsque les traitements symptomatiques s’avèrent insuffisants
- s’ils provoquent des effets secondaires indésirables
-et / ou lorsque le patient n'est pas en mesure de suivre un traitement symptomatique.
En habituant progressivement l’organisme aux allergènes auxquels il réagit, la désensibilisation est aujourd’hui le seul traitement efficace qui s’attaque à la cause de la maladie. Prescrits par les spécialistes en allergologie, les traitements de désensibilisation sont aujourd’hui à 80 % sublinguaux (traitements à déposer sous la langue). L’administration se poursuit durant environ 6 mois pendant 3 à 5 saisons consécutives pour les allergies aux pollens.
La désensibilisation est un traitement remboursé, dont l’efficacité a été démontrée ; elle traite l’allergie à la source, ce qui permet la réduction des symptômes et de la prise de médicaments. Elle a également une action préventive, en évitant l’évolution de la maladie vers une polysensibilisation et le passage de la rhinite allergique à l’asthme allergique.


Quand consulter ?

Il est conseillé, pour les personnes allergiques aux pollens, de consulter un allergologue dès le mois de
septembre pour préparer la mise en place d’une désensibilisation en amont de la saison pollinique.
Plus d’informations sur les allergies aux pollens sur : www.stallergenes.fr

1 Selon les chiffres communiqués par le Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé (http://www.sante.gouv.fr/allergie-au-pollen-d-ambroisie-plus-de-10-de-la-population-francaise-est-concernee.html)
2 ATMO Rhône Alpes - Observatoire de l’Air en Rhône-Alpes, www.atmo-rhonealpes.org
3 Observatoire régional de la santé Rhône-Alpes, Les pollens et l’ambroisie, 2007

4 Cartographie téléchargeable sur www.sante.gouv.fr/allergie-au-pollen-d-ambroisie-plus-de-10-de-la-population-francaise-est-concernee.html
5 Observatoire Régional de la Santé Rhône-Alpes, Vers un système d’Information sur l’Ambroisie en Région Rhône-Alpes : Analyse des données sanitaires, environnementales et bilan des actions de lutte menées en 2008, Janvier 2011